Quand Jérusalem palpite aux rythmes de Winter Family

Publié le par Kadjagoogoo

Passionné de musique(s), je ne l'évoque pourtant pas si souvent sur ce blog. Aussi, je ne vais pas me priver de le faire à l'occasion d'un vrai coup de coeur, Winter Family, duo franco-israélien découvert ce jour et aussitôt adopté.

Et l'on pourrait ici parler de l'importance du contexte dans lequel se fait une découverte, qui va déterminer l'impact de celle-ci. Car c'est sans aucun doute la façon dont j'ai découvert ce groupe - par le truchement de son concert en trois parties produit par la Blogothèque en juin 2008 pour sa fameuse série de Concerts à Emporter et gracieusement disponible et téléchargeable >>ICI<< - que j'ai pu à ce point apprécier - rencontrer, ai-je envie de dire, même - une musique anti-commerciale qui pourrait, sans cela, passer à la trappe de notre attention sans cesse draguée par des musiques-produits tape-à-l'oeil toujours plus putassières et intrusives.
Une captation idoine, dans son élément, d'une musique improbable ailleurs, presque - pour parler pompeusement (je sais le faire !) - langue vernaculaire à la Cité Sainte et ses remparts.


Winter Family - Omaha

©LaBlogothèque.

Jerusalem est une ville absolument compliquée, sublime et épuisante, traversée par des individus de toutes confessions qui viennent y chercher chacun leur petite dose de sacré (...).


Ruth Rosenthal (voix) et Xavier Klaine (harmonium, orgue, piano) jouent une musique nourrie par la force de cette ville, par la multitude d’histoires qu’elle brasse, lorsqu’on déambule et qu’on écoute les mille sons qui s’y dégagent, son souffle de ferveur. (...)


Une étrange musique qui comporte en elle même une certaine mélancolie de Jérusalem, entremêlée d’incantations en arabe, en hébreux et en latin, de sons de radio, rythmée par des sirènes et autres bruits d’avions, un immense collage sonore qui impose le recueillement. Or cette recherche de simplicité se retrouve dans leur musique, dont le dépouillement révèle une foi absolue dans le geste musical.

(...) Rarement les Concerts à Emporter on su lier avec autant de justesse un groupe avec leur ville...


© AntoineV @ LaBlogothèque, juin 2008.

 

Ces trois vidéos (celle présentée ici n'est d'ailleurs pas forcément la plus représentative - mais plus sûrement ma favorite -, aussi je vous invite à les découvrir toutes via le lien) forment un captivant tryptique où le cadre, les bruits environnementaux, la musique minimaliste, le chant tour à tour introspectif (Ruth semble souvent chanter pour elle-même) et tonitruand (ces imitations de bombes et d'explosions, qui rappellent la mémorable performance de Jimi Hendrix à Woodstock lorsqu'il transfigura l'hymne américain par une avalanche de sons de guitares distordus, magma sonore qui rappelait furieusement les bombardements et le napalm qui pleuvaient alors sur le Viêtnam), où tout cela, donc, s'imbriquent merveilleusement pour nous permettre une expérience unique, immersion sensible au coeur d'une culture écartelée et pourtant si cohérente. Rare.


Après un premier album éponyme chez Sub Rosa, Winter Family a sorti un second disque à Marienbad, intitulé Where Did You Go, My Boy ?

Publié dans Musique

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