"Quand souffle le vent du nord", une romance épistolaire de Daniel Glattauer

Publié le par Kadjagoogoo

quand_souffle_le_vent_du_nord_daniel_glattauer_oblik.jpgUn mail anodin malencontreusement envoyé à un inconnu : voici le substrat d'une romance à l'ère du courrier électronique où les circonvolutions et autres tergiversations de cabotins protagonistes seront le berceau du fantasme, du désir - et autres velléités contenues - et mettront les nerfs du lecteur à rude épreuve....


Une lecture plutôt agréable : on suit avec intérêt l'évolution de la relation épistolaire, cette progression "psychodramatique" entre les deux correspondants. Mais j'ai déploré - un peu - quelques facilités, comme le fait qu'Emmi fasse chambre à part (depuis huit ans !?) avec son mari, ce qui facilite évidemment l'échange (plus ou moins) clandestin et la tentation adultérine qui peut davantage se développer dans l'absence de ce dernier. Et puis j'ai modérément goûté ces minauderies récurrentes autour de "soûleries" nocturnes par écrans interposés, qui finissent par agacer, à force, n'évitant pas d'ailleurs l'écueil de la mièvrerie, voire, même, d'une certaine puérilité ; l'échange au sein de l'officieux couple  devient alors passablement trivial et stérile, ce qui nuit sensiblement à la tension amoureuse qui s'instaure très bien sans cela et ne devrait pas souffrir de telles pseudo-catharsis alcoolisées.


Et puis forcément, la fin laisse des réserves, insatisfaisante (frustrante, mais c'était prévisible) et relativement peu concluante ( ATTENTION SPOILER Une messagerie qui devient soudainement inaccessible à son propriétaire sans hacking ?! Mouais...   FIN DU SPOILER ), ce qui fait que l'on sort de cette histoire mitigé, même si je suis bien conscient qu'il n'était pas simple de conclure sur une note crédible et/ou satisfaisante à la fois (je ne prétends pas, loin s'en faut, savoir quelle fin aurait été meilleure ou préférable) ; mais au moins une option sur les deux possible aurait été souhaitable !


Dans cette belle tradition du roman épistolaire, citons l'exemple de 84, Charing Cross Road d'Helene Hanff (1970), qu'il faudrait lire après "Quand souffle le vent du nord" - qui s'inscrit honorablement dans cette lignée de correspondances romantiques et romancées qui font les livres attachants - pour pouvoir apprécier l'oeuvre de l'Allemand Daniel Glattauer à sa juste valeur, sans référence (trop) écrasante. Recommandé, malgré tout !

 

Quand souffle le vent du nord, de Daniel Glattauer, paru chez Grasset, 2010.

Publié dans Livres

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