Alex Kanevsky, Andrew Wyeth, Euan Uglow & Charming Baker

Publié le par Kadjagoogoo

Un autre billet - toujours en forme d'invitation à venir visiter  - pour dresser la liste de mes récents ajouts dans le catalogue des portfolii peinture de ce blog : 

 

Alex Kanevsky, une peinture (néo)figurative vibrante.

Polish Rider 1 [Proserpine '09]

 

En marge des baudruches surfaites de l'art spéculatif, ce jeune peintre lituanien exilé aux USA incarne - avec quelques autres jeunes rénovateurs du genre - l'afflux de sang neuf qui revigore enfin une tradition figurative orpheline longtemps moribonde. Saisissant.

 

Big nude [2004-05]  

S'inscrivant dans le sillage de Jenny Saville (qui perpétue pour ainsi dire Lucian Freud), le réalisme cru d'Alex Kanevsky conjugue tons cliniques et motifs blafards (brouillés, lacérés) pour restituer la vérité des carnations. Vibrant éloge de la chair, ode à la plastique humaine.

 

J.F.H.4 [Sleeping Games series '09]

 

Avec cette série minutieuse (composée pour l'essentiel de tableaux miniatures), Alex Kanevsky fait la démonstration d'une virtuosité, pour rendre palpable la torpeur de ces images dont l'atmosphère morbide peut évoquer un autre sommeil : le repos éternel...

 

 

C'est ici   Alex-Kanevsky

 

 

Andrew Wyeth, peintre d'une ruralité désolée et magnétique.

andrew-wyeth-christinas-world.jpg

 

Méconnu en France, Andrew Wyeth (1917-2009) (digne fils de l'éminent illustrateur américain Newell Convers Wyeth) est un peintre sensible, cultivant l'insolite, dans le quotidien. Son intriguant univers rural, languide et désolé - mélancolique -, possède une certaine mystique et nous hante, hypnotique, presque inquiétant. (cf. ci-dessus l'atmosphère angoissante, lourde, quasi hitchcockienne de son Christina's World peinte en 1948 et qui reste son oeuvre la plus fameuse et célèbre. Elle "contient le formidable pouvoir suggestif de son auteur. L'atmosphère y est étrange, la posture du personnage tendue. On sent comme une menace dans ce paysage. Wyeth montre un monde où planent l'incertitude et l'attente.").

 

C'est ici Andrew-Wyeth-Abandoned-New-England


 

Charming Baker, du pop art comme de l'anthropologie sarcastique.

panda_boy_wallpaper.jpg 

S'appuyant sur l'impact d'un pop art aux juxtapositions cocasses génialement incongrues, cet Anglais facétieux - assez proche dans l'esprit (et aussi dans la réalisation façon "pochoir", très efficace) de son compatriote Banksy - pose un regard sarcastique sur les moeurs humaines (qui sont décrites - dénoncées - comme antagonistes, puériles, voire barbares), qu'il décortique pour en illustrer le caractère aberrant et paradoxal. La figure récurrente de ces mâles qui, telle une parade animalière, déploient une débauche d'énergie et d'agressivité à se battre (au propre comme au figuré - via le sport) dans le but, vain, d'attirer l'attention de filles indifférentes à cette pathétique exhibition paonesque... Ah, dessein de la nature, quand tu nous tiens ! 


D'ailleurs, grisé par les enthousiasmantes associations d'idées d'Alan Charming Baker (chez qui, d'ailleurs, les animaux sont très présents et éloquents),  je ne résiste pas à tenter un audaiceux parallèle (mais il est en fait assez évident à mon sens)  avec Max Mon Amour, ce provocant film-ovni signé Nagisa Oshima (dans lequel le personnage incarné par [la toujours troublante] Charlotte Rampling prend un chimpanzé pour amant) qui semble s'attacher à un thème similaire :


Intelligence Is No Match 4 AdaptabilityMax Mon Amour Oshima DVD

 

Sans être confondant, le rapprochement est intéressant. Mais j'extrapole sans doute là le message véhiculé par le tableau du Britannique, intitulé Intelligence is no match for adaptability (qui peut se traduire par "L'intelligence ne fait pas la capacité d'adaptation"). Mais c'est précisément là l'intérêt - et le charme - de l'art :  permettre et stimuler/provoquer ce genre d'interprétations, d'analogies, d'ouvrir - et de laisser ouvert - ce champs des possibles.

 

C'est ici   Charming-Baker_Intelligence-is-no-match-for-adaptability


 

Euan Uglow, le corps humain comme figure géométrique sensuelle.

Double Square, 1980-83


Chaînon manquant entre Balthus et Hopper, l'oeuvre capital de cet Anglais (1932-2000), où angles géométriques et courbes humaines se conjuguent à merveille, semble interroger la peinture figurative à travers le prisme de Mondrian. De la rigueur géométrique appliquée au corps humain en quête de pureté formelle, en quelque sorte, pour un jalon important de l'art du XXème siècle.

 

C'est ici   Euan-Uglow_Biogeometric-figures

 

 

Voilà pour cette fournée. Alors bonne visite à vous qui lisez, en vous souhaitant de belles découvertes...

Publié dans Peinture

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clovis simard 02/11/2012 02:13


Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.20 - THÉORÈME des BULLES. - Conscience et Corrélation ?

Sheernin 07/01/2011 19:26



Oooops! Pinceaux emmêlés pour ce qui concernait les noms des peintres. Je ne voulais pas parler de Jenny Saville mais bien de Alex Kanevsky. Pour le côté organique, J. Saville, oui aussi et
certes ! Mais je ne goûte pas trop cette morbidité aplatie. Trop violent pour moi.


Mystère des motivations pour celui qui donne à voir comme pour le spectateur. Se rejoindre ou pas.



Sheernin 07/01/2011 19:06



Sur chacun des tableaux présentés, je suis tombée en arrêt. Tous très forts, vraiment ; le nus de Jenny Saville dégage quelque chose d'incroyablement organique. Troublant et percutant !


Je connais un tout petit peu la peinture de Wyeth - elle est imprégnée d'une forme d'angoisse, accentuée par cette manière d'austérité appliquée - Interrogation, distanciation (froideur ?) et
pourtant présence. Sûrement pour cela aussi que les quelques toiles que j'ai vues ont marqué ma mémoire.


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Je vais poursuivre ma balade par ici...